Chapitre 38 : Rituels

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Par messagerie, Paris, 2013

— Tu viens au brunch avec nous demain midi ?

— Ça aurait été avec plaisir, mais demain, c’est samedi ! Je déjeune avec mes parents.

— Tu les vois toutes les semaines ?!

— Oui, sauf grosse contrainte ou grosse fatigue…ou très très bon brunch !

— Je ne sais pas comment tu fais – moi je les vois une fois par mois et ils me rendent déjà folle !

— On s’y fait ! Je vous rejoins pour le café ?

* * *

Si le quotidien n'a pas tardé à faire de moi un cliché parisien, les rituels familiaux restent là pour me rappeler à mes origines. Parmi eux, le déjeuner familial du samedi, implicitement, mais fermement, décrété immanquable. Nos habitudes inscrites dans nos routines se sont faites le relais des traditions qui tendaient à se perdre. Derrière la régularité de nos rendez-vous, se dissimule l'espoir de préserver les héritages et de les faire survivre à une intégration tantôt maladroitement orchestrée.

Dans une famille immigrée comme la mienne, les rituels rappellent que le lien au pays perdure par-delà l'exil et la distance. Leur régularité tissait le semblant de stabilité et de continuité que les circonstances n'avaient su accorder, et dessinait au fil du temps la possibilité d'honorer la culture transmise, comme l'espoir de la faire revivre. Nos repas étaient devenus l’écrin dans lequel mes parents entretenaient fièrement leurs valeurs asiatiques, parmi lesquelles, celle de faire de la famille l'élément central de toute une vie. Y déroger, c'était défier l'importance accordée à cette dernière.

Nos déjeuners symbolisent les rares reliquats de nos traditions héritées. Tout le reste semblait avoir été englouti dans la cadence de nos vies quotidiennes. Ici, en France, pas de balade digestive après le souper, pas de repas de rue improvisé, pas de session karaoké. Les habitudes importées d’Asie se sont estompées le long des années immigrées. Seul le fondamental demeure. Et celui-là, il s’agit de ne pas l’abîmer.

Chaque samedi, je célèbrerai donc les traditions, en honorant les repas de famille. Je prendrai le temps de reconnaître ma part asiatique à travers chacune de mes visites. Je me déchausserai à l'entrée. J'attendrai sagement dans le salon que le repas soit prêt. Je m'installerai avec appétit à la tablée. Je mangerai. Je partagerai mes dernières nouvelles, m'enquerrai de celles des autres. Je mangerai encore. Je mangerai surement trop. Je débarrasserai. Et je repartirai. Et pour satisfaire les autres facettes de mon identité, je conclurai mon déjeuner par un rituel que mes parents aiment penser français : celui de refaire le monde autour d'un café bien serré.

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Zhe Ling / 薛之琳

32 ans. 3 cultures. 2 nationalités. 1 recueil. Sa vie est à l’image de ces chroniques. Bâtarde et en cours de réalisation.
À propos de l’autrice