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— Qui es-tu ?

— Qui suis-je ?

— Oui, qui es-tu ?

— Je suis légèrement différente de celle que j’étais hier et encore légèrement différente de celle que je serai demain. Je suis celle entre les deux. Je suis les trois à la fois.

* * *

Si la réponse juste est si difficile à trouver, c’est peut-être qu'elle n'a jamais existé. La quête d’identité est insoluble, dès lors qu’elle procède de la volonté de se saisir d’une vérité figée. Sous cette perspective, l’identité se résumerait à une substance immuable, à un ensemble de caractéristiques mêlant traits objectifs, perceptions subjectives et autres attributs, qui pourraient aisément être couchés sur papier. Toute réponse qui s’énoncerait sous cette forme est illusoire ou du moins profondément éphémère. L’identité ne saurait s’appréhender que de manière dynamique, changeante, mouvante.

La nature évolutive de l’identité ne devrait pas pour autant nous priver des tentatives visant à mieux l’appréhender. Quand bien même ces essais sont voués à être obsolètes, ils n’en restent pas moins utiles, voire nécessaires, à notre construction individuelle et citoyenne. La conscience de nos spécificités, comme la reconnaissance de celles d’autrui, permet de fonder nos échanges sur une base d’ouverture, de partage et de tolérance, dont la consistance dépasse celle d’une présumée universalité.

Aussi essentielles soient-elles, les appartenances globales (à un pays, à un continent ou encore au monde du vivant) ne sauraient en aucun cas se faire substitut des appartenances spécifiques. Comme par effet de résistance, les minorités reniées dans leurs particularités finiront par clamer ce qui justement les distingue de la masse sourde. De ce cri naîtront des camps. De ces camps, des clivages. De ces clivages, des combats. Même invoquée au nom d’une humanité plus fondamentale, la mise sous silence des différences reste censure.

L’objectif n’est donc pas de s'effacer dans l’uniformité. Les catégories restent, je le crois, des maux nécessaires. C'est dans l'essentialisation que couve le danger. Elle, qui tend à résumer une personne à une seule de ses dimensions. Bafouer chez un individu toutes les autres facettes de son identité, c’est en fait se risquer à une généralisation bien plus large. Qui dit “La Chinoise” dit rapidement “Les Chinois”. La dimension ainsi abstraite de l’individu sera sans conteste érigée comme attribut dominant d’une communauté. De cette généralisation surgiront des comparaisons. De ces comparaisons, des hiérarchies. De ces hiérarchies, des jalousies. Les discriminations qui fondent leur légitimité sur la base de ces appartenances répandent au coeur de nos sociétés des fractures grandissantes.

Reconnaissons en chacun de nous la pluralité de nos dimensions et ne nous laissons jamais réduire à l’une seule d’entre elles. Faire valoir la multiplicité de ces dernières, autant que leur mouvance. Composer avec les appartenances dans la complémentarité, plutôt que dans la rivalité. Pour nos sociétés cosmopolites, la démarche s'affiche comme un pré-requis à la paix civile. Pour l’individu métissé, elle l’est à sa liberté.

« Qui suis-je ? ». Pour mieux rendre justice à cette introspection et pour qu'elle puisse se traduire en résolutions, il faudra  reformuler la question. S’interroger au-delà de nos héritages et de nos étiquettes, sur ce qui fait notre individualité. Se demander au-delà de ce que nous sommes, ce que nous avons été, comme ce que nous souhaitons devenir. Remplacer la quête d’identité par le chemin d’une réalisation.

Il revient à chacun.e d’inscrire la réflexion selon ses propres termes. Mais il est primordial que ces chemins individuels soient l’objet d’échanges, de partages et de confrontations. Uniques ensemble, nous pourrons ainsi effleurer au-delà de notre universalité, notre indescriptible essence.

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Zhe Ling / 薛之琳

32 ans. 3 cultures. 2 nationalités. 1 recueil. Sa vie est à l’image de ces chroniques. Bâtarde et en cours de réalisation.
À propos de l’autrice